Ray Gunn pourrait être la surprise SF de Netflix, si la plateforme le laisse respirer
Le polar de Brad Bird avec Scarlett Johansson n’est pas un véhicule de star déguisé. Il a une vision, et c’est pourquoi le plan de sortie de Netflix compte plus que le casting.
Image générée par IA
Le film de science-fiction le plus intéressant de Netflix cette année est-il celui qui a une star sur l’affiche, ou celui qui a un cinéaste derrière lui ? Pour Ray Gunn, la réponse heureuse est: les deux, et c’est précisément ce qui en fait un test pour la plateforme.
Ce que l’on sait pour l’instant
Le film est un noir de science-fiction animé signé Brad Bird, le réalisateur des Indestructibles. Selon Screen Rant, Sam Rockwell prête sa voix au personnage-titre, un détective privé qui est le dernier humain de la ville futuriste de Metropia. Scarlett Johansson double Venus Nova, une pop star confrontée à un scandale qui pourrait détruire sa carrière. Le même article précise qu’il s’agit du premier film de Bird depuis Les Indestructibles 2 en 2018.
Il a été présenté en première au 70e BFI London Film Festival le 10 octobre, d’après FandomWire, et figure aussi au programme de l’AFI Fest, où l’EFE le décrit comme un film noir de science-fiction rétrofuturiste, avec également Tom Waits au casting vocal. La sortie sur Netflix est fixée au 18 décembre.
La vision est la star, pas le casting
Le bilan de Netflix en matière de science-fiction portée par des stars est, selon nous, inégal d’une façon très précise: l’annonce du casting est souvent ce qu’il y a de plus intéressant dans le projet. Un visage connu garantit un clic, pas une raison de se souvenir du film une semaine plus tard.
Ray Gunn renverse cette logique. L’étiquette « façon Blade Runner » que les titres répètent est un raccourci commode, à prendre avec des pincettes. Ce qui distingue vraiment le film, c’est un noir rétrofuturiste dessiné par un vétéran de l’animation, un mélange de genres que les blockbusters en prises de vues réelles tentent rarement en ce moment. Johansson, qui qualifie le travail avec Bird de « jalon de sa carrière », selon Screen Rant, est un bonus. Elle y est aussi bien à sa place: elle a un long parcours dans la science-fiction, de Her à Under the Skin.
Si le film surprend, ce sera selon nous parce qu’il ne ressemble à rien d’autre sur la page d’accueil, pas à cause de ceux qui lui prêtent leur voix.
Le plan de sortie est le vrai coup de théâtre
C’est là que nous devenons sceptiques. Screen Rant souligne que le 18 décembre est aussi le jour de sortie d’Avengers: Doomsday et de Dune: Part Three, peut-être la date la plus chargée de 2026 pour le cinéma. Netflix ne les concurrence pas en salles, mais se bat pour le même oxygène culturel.
La première en festival et la projection Imax au BFI sont un bon signe, car elles traitent le film comme un événement et non comme du remplissage de catalogue. Mais l’effervescence des festivals retombe en deux mois. Notre pronostic: si Netflix enterre Ray Gunn sous une bannière générique « nouveauté », il rejoindra la longue liste des bons films que l’on découvre par hasard, si on les découvre. Ce risque est réel pour un titre qui a plus besoin du bouche-à-oreille que d’un nom célèbre.
La plateforme a pourtant de l’élan. Screen Rant note que 2026 est une excellente année pour la science-fiction sur Netflix, avec War Machine et The Last House en tête des classements dans le monde entier. C’est la bonne nouvelle. La question plus inconfortable est de savoir si un film d’animation élégant, à l’esprit noir, peut s’appuyer sur la même machinerie qu’un succès d’action. Nous en doutons sans marketing réfléchi.
Notre verdict
Notez le 18 décembre dans votre agenda et oubliez la comparaison avec Blade Runner. Jugez Ray Gunn sur la capacité du monde de Bird à sembler habité et sur la manière dont le mystère mérite son noir. Le film a ce qui manque souvent à la science-fiction de Netflix portée par des stars: un point de vue singulier.
Il lui faut encore une plateforme qui le traite comme tel. Si Netflix le laisse respirer, avec une promotion claire et un peu de patience, il pourrait prouver que les productions originales savent encore surprendre. Sinon, il prouvera l’inverse, et ce serait l’échec de Netflix, pas celui du film.
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