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Rédaction Moviesfera
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Orgueil et Préjugés sur Netflix ne devrait pas être un ersatz de Bridgerton

La série de Netflix appellera des comparaisons avec Bridgerton, mais son meilleur atout est le respect de Dolly Alderton pour l'esprit du livre, pas un emballage Regency à l'eau de rose.

Publié
28 octobre 2026
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4 min
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Peut-on vendre la phrase d'ouverture la plus célèbre de la littérature anglaise comme un lot de consolation ? Nous espérons que non, car c'est le sort que nous redoutons pour Orgueil et Préjugés sur Netflix. Placez un nouveau drame Regency sur la même plateforme, ajoutez des corsets et des demeures de campagne, et la comparaison avec Bridgerton s'écrit toute seule. Le raccourci se comprend. C'est aussi, à nos yeux, le pire qui puisse arriver à cette série.

La bande-annonce est superbe, mais la vraie nouvelle, c'est qui prononce une réplique

Netflix a dévoilé la bande-annonce le 28 octobre, et la série de six épisodes arrive le 3 décembre. Elle est écrite par Dolly Alderton, autrice de Everything I Know About Love. Comme le note Collider, Euros Lyn, de Heartstopper, réalise tous les épisodes. Emma Corrin joue Elizabeth Bennet et Jack Lowden M. Darcy. Olivia Colman incarne Mrs Bennet, et la distribution compte aussi Rufus Sewell, Louis Partridge, Jamie Demetriou et Fiona Shaw.

Parler de pâmoison réduit ce que fait réellement Austen

La pâmoison est un sentiment: attendre, attendre, puis relâcher. Le roman d'Austen fonctionne sur autre chose, le jugement. Deux personnes se méprennent l'une sur l'autre, et tout le plaisir tient à l'acuité avec laquelle le livre les regarde faire. Alderton semble l'avoir compris. Dans la citation que Netflix a partagée avec Tudum, elle évoque la gêne que l'on éprouve devant sa propre famille, la peur d'être laissé de côté et la mortification d'avoir mal jugé quelqu'un ou d'avoir été mal jugé. Ce sont des émotions comiques et sociales autant que romantiques.

Une lecture façon Bridgerton pousse une série vers les priorités inverses: le regard, la chaleur, les manches retroussées. Le journaliste de Metro a bien écrit que Darcy faisant des ricochets et retroussant ses manches blanches « est parfait ». Soit. Nous dirions simplement que c'est la partie facile. N'importe qui sait filmer une lumière tamisée par le feuillage. Faire rire le public devant une demande en mariage qui tourne mal, voilà le plus difficile.

Le choix de Mrs Bennet est le vrai indice

Le détail le plus intéressant de la bande-annonce n'est pas un beau Darcy. Selon Metro, c'est la Mrs Bennet d'Olivia Colman qui prononce la célèbre première phrase du roman: « C'est une vérité universellement reconnue… » Alderton explique que c'est le drame central de son histoire, car le mariage est tout ce à quoi pense Mrs Bennet.

Nous y voyons un choix intelligent et assuré. Il transforme l'aparté ironique d'un narrateur en personnage, et il rattache la plaisanterie à l'argent et à la survie plutôt qu'à la seule romance. C'est le vrai moteur d'Austen. Une série qui n'aspirait qu'à être une confiserie fastueuse ne s'en soucierait guère. Une série qui fait confiance au texte, si.

Il y a aussi un risque dans l'autre sens. Réhabiliter Mrs Bennet avec bienveillance est dans l'air du temps, et Metro lui-même évoque une culture friande de réévaluations de personnages jugés « incompris ». Si la série adoucit son côté comique pour la rendre sympathique, elle perd l'une des sources d'humour du livre. La bande-annonce la montre encore reprochant à M. Bennet de rendre les choses « si dramatiques », ce qui est encourageant. Nous parions que l'équilibre tiendra, mais c'est un pronostic, pas quelque chose que nous avons vu.

Ce que Netflix devrait faire, et ce que les spectateurs devraient faire

Les fans de Bridgerton seront probablement au rendez-vous de toute façon, Netflix n'a donc pas besoin de les courtiser. Le plus grand danger, si la série est vendue comme un pur plaisir romantique, est que les spectateurs s'attendent à une chaleur croissante et découvrent une histoire de conversations, de jugements erronés et d'économie. Ce serait un problème de marketing que la plateforme se serait infligé elle-même.

Le contexte est aussi encombré. Metro y voit un élément d'un automne austenien, après une nouvelle adaptation de Raison et Sentiments et avec The Other Bennet Sister en route. Une série qui se bat pour la place du divertissement Regency réconfortant paraîtra interchangeable avec ses voisines. Une série visiblement plus drôle et plus incisive, non.

Notre verdict: abordez-la en vous attendant à une comédie de mœurs avec une histoire d'amour à l'intérieur, pas à une dose de Bridgerton. Si Alderton et Lyn gardent l'esprit au premier plan, cet Orgueil et Préjugés n'aura pas besoin de la comparaison. S'ils laissent l'emballage prendre le dessus, il la méritera. Réponse le 3 décembre.

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